Futurol, vers le bioéthanol de seconde génération français

Vue du bâtiment en mai 2011, photo Procethol 2G

Lancé au printemps 2010, la mise en place du pilote de recherche du projet Futurol se termine sur le site de Pomacle-Bazancourt dans la Marne (Champagne – France). Ce pilote permettra de tester, d’assembler et de mettre à l’échelle l’intégralité des briques technologiques mises au point dans chacun des 15 centres de recherche de ARD, INRA, IFP Energies nouvelles et de LESAFFRE.

Le projet a été lancé en septembre 2008 et vise le développement et la commercialisation d’un procédé complet de production de bioéthanol de 2ème génération à partir de plantes entières ou de biomasse lignocellulosique. La volonté affichée par les promoteurs est de développer un procédé durable pouvant intégrer une grande variété de matières premières et qui soit adaptable notamment en fonction de la zone géographique où il sera mis en œuvre (territoire, climat) mais
également selon les saisons.

Labellisé par le Pôle de Compétitivité à vocation mondiale Industries et Agro-Ressources (IAR), le projet Futurol mobilise un investissement global de 74 millions € au total et a reçu le soutien d’OSEO pour un montant de 29,9 millions €. Le projet se déroule sur une durée de 8 ans et comporte une phase pilote en cours et qui sera suivie d’une phase prototype. L’installation pilote est construite sur le site agro-industriel de Pomacle-Bazancourt. Le prototype sera quant à lui installé sur un site industriel du groupe Tereos. Il permettra de passer à la taille supérieure en testant le procédé dans des conditions industrielles.
Il permettra de produire environ 3,5 millions de litres par an et ce sera en même temps la première unité française de production de biocarburant lignocellulosique à l’échelle industrielle. Une fois le procédé validé grâce au prototype, celui-ci sera mis sur le marché sous forme de licence internationale. Développé afin d’offrir une grande capacité d’adaptation, ce procédé pourra être mis en œuvre dans la plupart des pays du monde. Le développement commercial et industriel du procédé de production de bioéthanol cellulosique est attendu à l’horizon 2015-2020.

La plaine champenoise, photo Procethol 2G

Futurol va permettre d’utiliser de nouvelles matières premières très diversifiées (plantes, bois, coproduits et résidus). Les études porteront sur des matières premières variées :

  • des plantes lignocellulosiques d’intérêt (sorgho, luzerne, miscanthus…) ;
  • du bois et des résidus forestiers (plaquettes, rémanents, taillis à courte rotation (TCR),…) ;
  • des coproduits de cultures agricoles et d’agro-industrie (paille de céréales, pulpes de betteraves…) ;
  • des résidus verts urbains.

Colonne de distillation, photo Procethol 2G

Les acteurs du PROJET FUTUROL ont fait le choix d’utiliser un procédé biologique pour produire de l’éthanol à partir de cellulose. Outre le fait de présenter des avantages de faisabilité et  d’économies indéniables, l’utilisation d’un procédé biologique s’inscrit dans une démarche de développement durable. En effet, la voie biologique utilise peu ou pas de réactifs chimiques, de solvants, de hautes températures et de conditions drastiques. De plus, elle favorise la réduction des risques et permet une meilleure acceptation au niveau environnemental, industriel et sociétal.
Pour que ce procédé soit efficace, il est nécessaire d’améliorer les enzymes qui permettent de libérer le sucre qui sera fermenté par des levures adaptées aux nouvelles ressources utilisées.

L’un des objectifs principaux du PROJET FUTUROL est de sélectionner des levures adéquates et de mettre au point les procédés de fermentation les mieux adaptés à chaque configuration de matières premières et d’élaborer des enzymes à un coût économique assurant la rentabilité du procédé. En effet, contrairement à la première génération où la matière première est le poste de dépense le plus important, le coût des enzymes est le frein le plus fort du développement de la 2ème génération.

La mise au point des biocarburants de 2ème génération issus de la biomasse lignocellulosique (résidus agricoles et forestiers, résidus verts urbains, plantes dédiées…) constitue un défi important. La possibilité de valoriser tous les composants de la plante facilite l’équilibre avec les cultures alimentaires. Ces travaux s’appuieront en particulier sur l’expérience acquise au travers de la production actuelle de bioéthanol dite de première génération que viendra compléter cette nouvelle génération en devenir.

Les partenaires le jour du lancement du projet, le 11 septembre 2008, photo Procethol 2G

Le PROJET FUTUROL est porté par une association de 11 acteurs scientifiques, industriels et financiers au sein d’une une société dénommée PROCETHOL 2G, qui a pour vocation d’assurer la mise au point et la commercialisation d’un procédé complet, du champ à la roue, visant la production d’éthanol cellulosique.
Les actionnaires de la société PROCETHOL 2G : Agro industrie Recherches et Développements (ARD), Confédération Générale des Betteraviers (CGB), Champagne Céréales, Crédit Agricole du Nord-Est, IFP, Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), Lesaffre, Office National des Forêts (ONF), Tereos, Total et Unigrains.

>> Pour plus d’informations voir le site http://projet-futurol.com

Frédéric Douard, Bioénergie International