540% de croissance pour les investissements dans les énergies renouvelables depuis 2004

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Eoliennes du Levezou, France, photo Frédéric Douard

Selon le dernier rapport annuel du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) relatif aux énergies renouvelables (Tendances mondiales de l’investissement dans les énergies renouvelables 2011), les investissements en faveur de l’énergie verte ont augmenté d’un tiers en 2010, soutenus principalement par un marché européen qui indique une augmentation dans l’installation des panneaux solaires sur toitures ainsi que le développement de parcs éoliens en Chine.

Une analyse montre que le secteur des énergies renouvelables a bénéficié de 211 milliards de dollars (près de 149 milliards d’euros) en 2010, en comparaison des 160 milliards de dollars investis en 2009. Il s’agit donc d’une augmentation de 540 % depuis 2004.

Rédigé par le professeur Ulf Moslener de l’école de Finance & Gestion de Francfort en Allemagne, en coopération avec le Bloomberg New Energy Finance de Londres, le rapport explique que les pays en développement ont dépassé les pays développés en termes de «nouveaux investissements financiers», investissant dans des projets d’énergie renouvelable à des fins commerciales et dans l’apport de fonds propres pour les sociétés spécialisées dans ce type d’énergies.

Au total, 72 milliards de dollars ont été investis dans les pays en développement, et 70 milliards de dollars dans les pays développés, ce qui signifie un grand changement par rapport à 2004 où les nouveaux investissements dans les pays en développement représentaient environ un quart de ceux réalisés dans les pays développés.

Les marchés d’Amérique centrale et du Sud ont enregistré une augmentation de 39% à 13,1 milliards de dollars; le Moyen Orient et l’Afrique, quant à eux, indiquent un bond de 104% à 5 milliards de dollars. Pour les pays asiatiques en développement en dehors de la Chine et de l’Inde, l’augmentation est de 31% à 4 milliards de dollars. À elle seule, l’Inde enregistre une augmentation de 25% à 3,8 milliards de dollars. La Chine, avec 48,9 milliards de dollars de nouveaux investissements financiers dans les renouvelables (soit une hausse de 28%), occupe la première place.

Le rapport révèle également l’évolution positive des dépenses publiques en recherche et développement, qui s’est accrue de plus de 120% à plus de 5 milliards de dollars.

Commentant ces résultats, le sous-secrétaire général de l’ONU et directeur général du PNUE, Achim Steiner, explique: «La croissance continue dans ce segment stratégique de l’économie verte n’est pas le fruit du hasard. La définition d’objectifs par les gouvernements, l’appui politique et les fonds d’incitation sous-tendent l’essor de l’industrie des renouvelables et mettent à notre portée la transformation tellement attendue de notre système énergétique mondial.»

Il ajoute que «la conférence de l’ONU sur le changement climatique, qui aura lieu cette année à Durban, en Afrique du Sud, du 28 novembre au 9 décembre, suivie du Sommet ‘Rio+20’ de 2012, au Brésil, seront d’excellentes occasions d’accélérer et de généraliser cette transition positive vers une économie verte à faible émission de carbone et économe en ressources, dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté».

Pour sa part, Udo Steffens, président de l’école de Finance & Gestion de Francfort, commente : «L’industrie de la finance continue de se relever de la récente crise financière. Le fait que l’industrie demeure fortement engagée dans les énergies renouvelables montre qu’elle est convaincue des perspectives qu’offre ce genre d’investissement.»

Le professeur Steffens fait remarquer que l’augmentation des investissements dans le monde en développement conduit à des innovations dans les technologies renouvelables et ouvre de nouveaux marchés, puisque les premiers entrants assurent la promotion d’une gamme de nouveaux modèles économiques et soutiennent l’entreprenariat dans le monde en développement.»

Mais malgré ces développements positifs, certains domaines n’ont pas connu d’augmentation l’an dernier. En Europe, les nouveaux investissements dans les projets d’énergies renouvelables à grande échelle ont en effet baissé de 22% en 2010 (à 35,2 milliards de dollars), mais cela a été largement compensé par l’augmentation des projets à petite échelle, notamment l’installation de panneaux solaires sur les toitures. Les tarifs de rachat (des mécanismes politiques conçus pour augmenter les investissements dans les technologies d’énergies renouvelables), ainsi qu’un déclin du prix des modules PV a entraîné une augmentation dans les activités de projets à petite échelle.

Les investissements ont augmenté de 132% en Allemagne, à 34 milliards de dollars; de 59% en Italie (à 5,5 milliards de dollars); de 150% en France (2,7 milliards de dollars) et de 163% en République tchèque (2,3 milliards de dollars).

En 2010, l’éolien a continué de dominer en termes de nouveaux investissements financiers dans les projets à grande échelle (94,7 milliards de dollars, soit 30% de plus qu’en 2009). Cependant, le solaire gagne du terrain si l’on tient compte des investissements dans les projets de petite taille, avec 86 milliards de dollars en 2010, en hausse de 52% par rapport à l’année précédente. La biomasse et les projets de valorisation énergétique des déchets arrivent en troisième position, devant les biocarburants, à 5,5 milliards de dollars l’année dernière.

Le rapport marque le commencement des activités du nouveau centre du PNUE de collaboration pour le financement du changement climatique et des énergies durables à l’école de Finance & Gestion de Francfort.

Pour de plus amples informations, consulter le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).
Source : Commission européenne