La recherche française en matière de biocarburants

Bioraffinerie de Bazancourt-Pomacle - Projet Futurol

Parallèlement aux filières actuelles, en France la recherche sur les biocarburants de deuxième et troisième génération est privilégiée. Ces filières du futur se développent avec de nouveaux procédés industriels utilisant des sources de biomasse non destinées à l’alimentation humaine ou animale.

Les biocarburants de « deuxième génération » sont issus de la transformation de la lignocellulose contenue dans les résidus agricoles (paille) et forestiers (bois), ou dans des plantes provenant de cultures dédiées (taillis à croissance rapide). Deux voies sont développées pour transformer la lignocellulose des plantes :

  • La voie thermochimique pour obtenir du biogazole de synthèse ; on parle aussi de filière BtL (pour Biomass to Liquid)
  • La voie biochimique pour obtenir de l’éthanol

Filières biocarburants de seconde génération, schéma IFP

Les biocarburants de « troisième génération » sont obtenus à partir d’algues.

Ces nouvelles filières présentent des bilans énergétiques plus favorables et permettront en outre de limiter les problématiques d’usage des sols et de concurrence avec les débouchés alimentaires.

Outre les efforts menés par des centres de recherche, des financements sont mis en place par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), tel que le programme Bioénergies 2010 qui a pour objectif la valorisation énergétique de tous les constituants de la biomasse (sous forme de chaleur, d’électricité, de gaz de synthèse et biocombustibles liquides, utilisables en substitution des énergies fossiles).
De plus, le gouvernement a confié à l’ADEME la gestion d’un fonds afin de soutenir les recherches engagées dans les différents domaines des nouvelles technologies de l’énergie. Dans ce cadre, l’agence a lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) sur les biocarburants de deuxième génération.
Les projets soutenus concernent les trois filières carburants consommés en France (essence, gazole, gaz) :
  • Futurol basé sur un procédé biochimique de transformation de la biomasse pour produire de l’éthanol
  • BioTfuel basé sur un procédé thermochimique de transformation de la biomasse puis de la synthèse Fischer Tropsch pour produire un biogazole de synthèse
  • Gaya basé sur un procédé de gazéification – méthanation pour produire un biocarburant gazeux
Par ailleurs, le CEA développe actuellement un projet pilote pré-industriel de fabrication de biogazole de synthèse de deuxième génération sur la commune de Bure (55) en partenariat avec plusieurs groupes industriels et UPM-Kymmene étudie l’opportunité de réaliser un démonstrateur de taille commerciale de production de biodiesel de deuxième génération à Strasbourg.
Le programme d’investissements d’avenir et le fonds européen NER300 pourraient contribuer au financement de ces projets de démonstration.