Sia Conseil plaide pour un développement raisonné des EnR en France

En France, depuis la mise en œuvre du moratoire sur le photovoltaïque le 10 décembre 2010, le secteur des énergies renouvelables est en pleine effervescence. Tous les acteurs du secteur plaident pour un relèvement des objectifs de puissance installée, dévoilant leur véritable ambition.

Pourtant, cette ambition démesurée pourrait entraîner la France dans un péril financier, au détriment d’autres filières renouvelables porteuses de plus grands espoirs comme la biomasse. Sia Conseil a récemment passé ces deux filières à l’épreuve des chiffres et a abouti à une conclusion claire : la France doit inciter de manière raisonnée toutes les filières renouvelables sans en privilégier certaines au détriment d’autres.

La biomasse, la moins chère des énergies renouvelables, celle qui permettra le plus économiquement d'atteindre les objectifs, est aussi la moins aidée, Frédéric Douard

Août 2010 : La biomasse, parent pauvre des énergies renouvelables
La filière biomasse représente 50% de l’objectif de développement d’ENR pour 2020 (23%). La biomasse électricité en particulier devra produire d’ici là 17TWh par an. Cet objectif est encore loin d’être atteint, la production actuelle ne dépasse même pas 1TWh/an.
Au-delà des contraintes techniques (niveau de puissance et efficacité énergétique), les incitations ne rémunèrent pas assez les acteurs qui investissent sur des projets biomasse. La rentabilité de ces projets est souvent inférieure à 5% alors que pour la filière photovoltaïque, elle dépasse 7 à 12%.

Janvier 2011 : Photovoltaïque, l’enfant gâté des ENR

Portée par des lobbys forts et un tarif de rachat très incitatif, la filière photovoltaïque est en passe d’atteindre l’objectif 2020 d’ici fin 2013. A la tendance actuelle, ce ne sont pas 5,4GW qui seront installés en 2020 mais 17GW, triplant ainsi la facture du photovoltaïque pour les consommateurs français. Pour autant, même à ce niveau, le photovoltaïque ne contribuera qu’à 1,2% des 23% d’ENR. Au passage, l’ambition de développer une filière d’excellence a été rapidement perdue de vue. Les principaux emplois ont été créés sur l’aval de la filière et sont peu exportables : développement de projet, installation. Des emplois peu pérennes une fois l’objectif de capacité atteint, mais surtout des emplois qui reviennent plus cher que le coût de réinsertion d’un chômeur. La filière photovoltaïque peut continuer à se développer sans nuire aux autres EnR. Gageons que l’issue de la concertation en cours ira dans ce sens et permettra une sortie par le haut pour toutes les parties prenantes.

Sia Conseil, 2 février 2011