Les deux grands projets de chauffage urbain décarboné de la Métropole Européenne de Lille
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La chaleur du Centre de Valorisation Energétique des déchets ménagers d’Halluin est au centre des besoins des réseaux de chaleur décarbonés de le Métropole Européenne de Lille, photo Veolia
Le Plan Climat de la Métropole Européenne de Lille, adopté le 19 février 2021, visait une augmentation du recours aux énergies renouvelables et de récupération avec un objectif à 11 % d’EnR&R pour les consommations d’énergie finale en 2030 puis à 18 % en 2050 contre seulement 4 % en 2016. Cet objectif nécessitait la multiplication des projets de production d’EnR&R dans toutes les filières localement pertinentes. Parmi ces actions figurent en priorité, par effet rapide et massif, le verdissement des réseaux de chaleur en service, mais surtout leur extension et leur multiplication. Pour accélérer ce mouvement, la MEL a adopté le 20 décembre 2024 un nouveau schéma directeur, visant pour les réseaux publics de chaleur à l’horizon 2035, un volume de chaleur distribuée équivalent au chauffage de 130 000 logements, soit environ 1,2 TWh/an, et ce avec un taux d’EnR&R moyen d’au moins 75 %. Pour y parvenir, les deux principaux projets à moyen terme concernent le développement du réseau de Lille et la création du réseau de Tourcoing.

Les réseaux de chaleur de la MEL ne concernent encore que de petits secteurs en 2025
Les 5 réseaux de chaleur actuels de la MEL
La Métropole Européenne de Lille, c’est 1,2 million d’habitants, 95 communes pour lesquelles, la MEL est l’autorité organisatrice de la distribution d’énergie sur la métropole pour l’électricité, le gaz et les réseaux de chaleur urbains. Pourtant, la MEL ne possède que 5 réseaux de chaleur publics modestes qui desservent actuellement une partie des communes de Lille, Mons-en-Baroeul, Villeneuve d’Ascq (Pont-de-Bois), Roubaix, Wattignies et Wattrelos.
Par conséquent, la contribution des énergies renouvelable reste faible et le linéaire de réseaux peu développé. Les actuels réseaux sont principalement alimentés par la chaleur de récupération issue du Centre de Valorisation Énergétique d’Halluin, puis par du gaz et de la biomasse. Ainsi, depuis 2021, les réseaux de Roubaix et de Lille bénéficient de cette chaleur de récupération. Les réseaux de Mons-en-Baroeul et Villeneuve d’Ascq étant interconnectés à celui de Lille, en bénéficient également. Le taux global d’EnR&R de ces réseaux était de 66,6% en 2024, dont 48,7% de chaleur de récupération de l’incinération des déchets de l’UVE d’Halluin, 16,9% de bois-énergie et 1% de biogaz, le reste étant constitué de gaz fossile (33,4%).

L’UVE dHalluin est une base importante de la fourniture de chaleur aux réseaux de la MEL, photo MEL
Le développement du réseau de chaleur de Lille
Alors que le MEL n’a arrêté sa dernière chaudière à charbon sur le réseau de Lille, à la chaufferie du Mont de Terre sur le réseau Resonor, que le 18 janvier 2021, un nouveau contrat de concession a été signé le 1er novembre 2025 pour les réseaux de chaleur de Lille et Wattignies. Ce nouveau contrat à 366 millions d’euros, avec 110 km de réseau à construire, permettra de chauffer l’équivalent de 75 000 logements, soit un triplment par rapport à la situation actuelle. Exploités par Ilénergie, filiale de Dalkia pendant une durée de 20 ans, ce réseau sera développé sur les communes de Loos, Haubourdin, la Madeleine et Marcq-en-Barœul, avec des extensions sur Wattignies et Lille.

Les travaux d’extension du réseau de Lille s’étendront de 2026 à 2032, photo Ilénergie
Ce réseau sera progressivement déployé entre 2026 et 2030 et conformément aux objectifs de la MEL, la quantité de chaleur distribuée y sera multipliée par environ 3 par rapport à aujourd’hui, soit un volume d’environ 730 GWh/an. Cette chaleur sera produite pour plus de 95 % à partir d’EnR&R.
La priorité sera donnée aux énergies de récupération qui représenteront plus de 60% du mix énergétique. ON parle ici de la chaleur du Centre de Valorisation Énergétique d’Halluin, de celle qui sera récupérée par pompes à chaleur à la station d’épuration Ovilléo de Marquette-lez-Lille, ou encore la chaleur fatale que trois industriels du territoire fourniront au réseau.

La future chaufferie biomasse d’Haubourdin sera alimentée par voie d’eau, image MEL
Le bois-énergie contribuera quant à lui à hauteur de 34 % du mix, grâce à la construction d’un nouveau site de production à Haubourdin. Cette chaufferie biomasse de 63 MW, construite sur une friche industrielle en bordure de le Deûle, la rivière locale canalisée, sera mise en service en 2032. Composé de bois d’emballage, de bois d’élagage, de plaquettes bocagères et forestières, le combustible de la chaufferie sera alimentée par voie fluviale via la Deûle, évitant ainsi le trafic par camions. Plus de 150 emplois directs et indirects locaux seront générés.
Le réseau de chaleur de Tourcoing
Le 5 février 2026, la Métropole Européenne de Lille a annoncé avoir choisi le groupement constitué de Coriance et de la Banque des Territoires pour la création et l’exploitation pour une durée de 20 ans d’un réseau de chaleur intercommunal urbain situé au nord de l’agglomération et qui desservira les villes de Tourcoing, Wattrelos, Bondues et Neuville-en-Ferrain.

La future chaufferie Biomasse du réseau de chaleur de Tourcoing, image MEL
Ce nouveau réseau à 117 millions d’euros délivrera plus de 130 GWh de chaleur par an correspondant à l’équivalent de plus de 15 000 logements. Le réseau de 46 kilomètres et 219 sous-stations sera progressivement déployé entre 2027 et 2031 et fournira une chaleur constituée à plus de 95% d’EnR&R grâce à la chaleur fatale provenant de la station d’épuration de Neuville-en-Ferrain et d’un industriel local. En complément, une chaufferie biomasse de 26 MW sera construite sur une friche industrielle.
En savoir plus sur www.lillemetropole.fr/energie
Frédéric Douard









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