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La France, championne des chaufferies biomasse !

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Éditorial du magazine Bioénergie International n°100 de décembre 2025

La chaufferie de la Villeneuve à Grenoble est l’une des plus anciennes grandes chaufferies urbaines de France à avoir consommé de la biomasse, photo Compagnie de chauffage de Grenoble

La France n’est pas spécialement connue pour ses performances en matière d’utilisation des énergies renouvelables et se classe d’ailleurs en milieu de tableau européen pour ce qui est de la part des renouvelables dans son mix énergétique. Pourtant, dans trois secteurs énergétiques, le pays excelle en se classant premier producteur d’hydroélectricité, premier producteur de biocarburants et deuxième producteur de bois-énergie de l’Union européenne. Concernant le bois-énergie et la biomasse solide de manière globale, première source d’énergie renouvelable du pays assurant un tiers du mix renouvelable, il est un secteur remarquable quant au développement qu’il a atteint en 40 ans : c’est celui des chaufferies et centrales à biomasse solide dans l’industrie, les collectivités et l’agriculture.

Alors bien sûr, il n’est pas question ici de comparer le taux d’équipement des villes et des entreprises françaises en chaufferies biomasse à celui des pays européens du nord ou de l’Autriche, des pays très boisés et relativement peu peuplés, et qui détiennent depuis des décennies les palmes mondiales du taux de couverture par chauffage urbain et cogénération biomasse par habitant. Il est question ici du nombre global d’installations, et avec un peu de surprise, la France se place en tête des pays européens pour le nombre de chaufferies de plus d’un MW, et par voie de conséquence du Monde entier, l’Europe tenant la place de leader incontesté en la matière.

Ainsi, selon l’atlas Bioénergie International des chaufferies et centrales à biomasses solides et déchets ménagers, mis à jour quotidiennement depuis 2012, la France comptait en décembre 2025 au moins 1451 chaufferies ou centrales à biomasse ou à déchets ménagers de plus d’un MW, les déchets ménagers étant comptabilisés ici car contenant un pourcentage important de biomasse.

Les chaufferies françaises à combustibles solides durables Nombre de chaufferies ou centrales de plus d’un MW thermique et puissance cumulée en décembre 2025
Chaufferies à biomasse collectives 666 pour 3 698 MW
Chaufferies à biomasse industrielles 467 pour 3 372 MW
Chaufferies agricoles à biomasse 139 pour 805 MW
Unités de valorisation énergétique des déchets 94 pour 3 381 MW
Centrales de cogénération ou électriques à biomasse 76 pour 3 180 MW
Chaufferies à Combustibles Solides de Récupération 9 pour 429 MW
Totaux 1451 pour un cumul de 14 845 MW ou 14,85 GW

Cet ensemble d’équipements de combustion représente un cumul de 14 845 MW thermiques qui équivaut à la moitié de la consommation totale du chauffage électrique les jours de pointe d’hiver en France par le secteur résidentiel (Source Etude Carbone 4). Donc, si tous ces usagers qui sont aujourd’hui chauffés au bois ou aux déchets étaient chauffés à l’électricité, il faudrait 15 réacteurs nucléaires en plus rien que pour eux ! Et nous ne parlons ici que des grandes chaufferies à biomasse, et non pas des dizaines de milliers d’autres plus petites ou encore des 8 millions de ménages français disposant d’un chauffage à bois individuel et qui évitent de saturer la demande hivernale en électricité !

Alors, pour en revenir aux grandes chaufferies, qu’est-ce qui nous permet d’affirmer que la France abrite le plus grand nombre de chaufferies biomasse de plus d’un MW en Europe ? Et bien c’est la seule étude connue sur la question, publiée par Bioenergy Europe, non exhaustive et réalisée dans le cadre du projet Basis Bioenergy, et où la France apparaissait en 2016 en tête de tous les pays européens pour le nombre de chaufferie de plus d’un MW. Alors bien sûr, l’étude date un peu, mais au regard du fort développement des chaufferies en France depuis cette date (constaté dans l’atlas Bioénergie International), au regard des ventes de grandes chaudières observées en France par les constructeurs, alors qu’elles ont ralenti dans la plupart des autres pays européens, on peut en déduire sans beaucoup de risque que c’est toujours le cas et que la tendance s’est même certainement sérieusement accentuée.

Chaufferies européennes de plus d’un MW : source : Projet Basis Bioenergy 2016

Notons enfin que l’atlas Bioénergie International n’est pas totalement exhaustif, spécialement sur les chaufferies de moins d’un MW, car il n’existe pas de système d’enregistrement systématique et précis de ces équipements. Par conséquent, le chiffre de 1451 chaufferies ou centrales de plus d’un MW est un minimum, l’atlas du magazine en recensant environ 5000. L’atlas peut être consulté librement à ce lien : bioenergi.es/s/555

Frédéric Douard, rédacteur en chef


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