L’idée de produire des biocarburants à partir d’algues colonise la planète

Il y a deux ans, l’institut coréen pour la technologie industrielle a développé un processus pour extraire de l’éthanol à partir d’algues qui s’avère plus rentable et avantageux qu’à partir d’autres sources de biomasse, écrit le sénateur philippin Edgardo Angara.

Les algues se développent plus rapidement que d’autres végétaux et il faut considérer six récoltes possibles par an. Par ailleurs, comme les algues n’ont pas la lignine, les traitements préparatoires ne sont pas nécessaires. L’exploitation des algues n’est également pas un sujet politiquement sensible, en tout cas pour l’instant, car en particulier il n’entame pas les surfaces de cultures alimentaires.

100 ha à mettre en place aux Philippines

À Manille, le gouvernement des Philippines prévoit de développer un ensemble de fermes à éthanol de 100 hectares utilisant la technologie coréenne. Le projet sera mis en application dans deux groupes de projets : un dans les provinces d’Aurora, d’Isabela et de Quirino dans le nord Luzon et d’autres à Bohol.

La première unité de production au Chili

La société chilienne de développement économique (CORFO) a annoncé un investissement de 7 millions de dollars US pour un projet de bioéthanol à partir d’algues. Ce projet sera mené par le Bio Architecture Laboratory de Seattle (BAL), en collaboration avec l’université de Los Lagos et compagnie pétrolière chilienne ENAP. Le but ambitieux du projet est de produire 165 millions de litres annuellement, l’équivalent de 5% de la consommation de l’essence du Chili. Il est prévu d’installer une petite usine d’essai à Puerto Montt dès cette année.

Aux Etats Unis, le projet Isobutanol de DuPont

En mars, l’Agence de l’Énergie pour la recherche appliquée (ARPA-E) a attribué un accord d’investissement à DuPont pour le développement d’un processus de conversion des sucres produits par des macro-algues en isobutanol. Le bio laboratoire d’architecture sera sous-contractant dans ce programme. La dotation est de 8.8 millions US $.

Butamax, une entreprise en participation entre Dupont et BP, sera responsable de la commercialisation de la technologie. Le projet de « Macroalgue à isobutanol » devra établir la technologie et la propriété intellectuelle pour d’utilisation des macro-algues comme biomasse à bas coût. Les efforts se focaliseront sur :

  • l’amélioration de l’aquiculture domestique des macroalgues,
  • la conversion des macroalgues en sucres bio-disponibles,
  • la conversion de ces sucres en isobutanol,
  • l’optimisation économique et environnementale du processus de fabrication.

Plus de 60 scientifiques travailleront sur ce programme de recherche et développement en Californie.
Source : Biofuels Digest Newsletter du 2 juin 2010