Un très mauvais coup porté à l’industrie européenne du biodiesel

Sofiprotéol, entreprise industrielle et financière de la filière des huiles et des protéines en France, s’alarme des conséquences sociales et industrielles du vote de la commission « Envi » dans le cadre du débat sur le projet de Directive européenne sur les biocarburants.

Selon l’entreprise, le rapport de Corinne Lepage sur les biocarburants, voté par la commission « Envi » du Parlement européen,  constitue un très mauvais coup porté à l’industrie du biodiesel, créatrice d’emplois, d’énergie renouvelable et de protéines indispensables aux élevages.

Sofiprotéol dénonce un rapport qui prévoit, sans aucune justification sérieuse, de limiter à 5,5% le taux d’incorporation des biocarburants de première génération, c’est-à-dire les biocarburants existants, notamment le biodiesel. Le taux d’incorporation serait donc réduit de près de moitié par rapport à l’objectif de la Directive européenne de 2009 en vigueur (objectif fixé à 10% à l’horizon 2020), en tout cas tant que commission européenne n’a pas pris de nouvelle position, ce qui ne saurait plus tarder.

Pour Sofiprotéol, le rapport de Corinne Lepage prend en compte un facteur de « changement indirect d’affectation des sols », dit facteurIluc, qui attribue au biodiesel un très mauvais bilan environnemental. Or la mesure de ce facteur Iluc ne repose actuellement sur aucun consensus scientifique. Il s’appuie essentiellement sur une étude américaine, celle de l’Ifpri, contestée par de nombreux scientifiques et dont l’auteur lui-même a récemment souligné la fragilité.

Sofiprotéol souligne que le vote de la commission Envi constitue donc un mauvais signal pour les industriels, alors que la filière du biodiesel a investi en France 1 milliard d’euros et créé près de 20 000 emplois.

« Nous appelons les politiques à faire preuve de responsabilité en respectant des engagements pris dans une Directive européenne datant de 2009 seulement », déclare Jean-Philippe Puig, Directeur Général de Sofiprotéol. « L’orientation des débats sur les biocarburants dissuade les industriels d’investir, faute de stabilité de l’environnement réglementaire européen. »

Frédéric DOUARD

Frédéric DOUARD : rédacteur en chef du magazine Bioénergie International, animateur du Portail francophone des bioénergies. Pour me contacter : fdouard arobase bioenergie-promotion.fr

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1 réponse

  1. gerard.goma dit :

    L’industrie du biodiesel est bi produits:Energie et Proteines .
    Importons plus de protéines des USA et du Brésil .Belle décision, cela améliorera notre balance des comptes !!!.
    Laissons partir les gaz à effet de serre à l’atmosphère en se lamentant vis à vis du réchauffement climatique en n’utilisant pas la photosynthèse comme puits de carbone.
    Pauvre biomasse mal traitée dans la transition énergétique
    Quand nos politiques auront’ ils une vision systémique et bien mieux holistique ?????
    G GOMA