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Éditorial du magazine Bioénergie International n°16 – Novembre-Décembre 2011
La campagne invraisemblable de Greenpeace Canada contre la biomasse1 renvoie à la célèbre formule de Voltaire « le mieux est l’ennemi du bien2 », qui en l’occurrence s’applique bien à ce contexte. Cette opération est l’exemple de ce que la recherche jusqu’au-boutiste d’un monde parfait, parfois aussi sans bien connaître son sujet, peut conduire à l’inverse de l’objectif recherché. En effet, le pavé que Greenpeace vient de lancer avec force dans la mare des énergies renouvelables risque bien de se retourner globalement contre les énergies renouvelables elles-mêmes : on ne touche plus à rien (cela rappelle les difficultés de la filière éolienne), on provoque l’immobilisme, et au final on bloque tout processus d’amélioration. Ainsi, au lieu d’encourager la plus importante des énergies renouvelables, afin qu’elle continue à substituer le plus largement possible des énergies bien plus polluantes et dangereuses, Greenpeace tire une balle de gros calibre dans la jambe droite des énergies renouvelables en insinuant un doute puissant dans l’opinion publique. Ceci rappelle la position du WWF dans les années 1980, en Allemagne, qui assimilait le bois-énergie à la déforestation amazonienne. A l’époque la campagne du WWF avait stérilisé la dynamique allemande sur la biomasse durant des décennies, favorisant pendant ce temps le développement des combustibles fossiles, un comble pour des écologistes !
Aujourd’hui, parce que les canadiens n’empruntent pas la voie rêvée par Greenpeace, pour valoriser leur biomasse inexploitée, l’organisation écologiste, prenant le risque irréfléchi de provoquer un éventuel rejet de cette filière renouvelable par la population, jette l’anathème sur toute la biomasse mondiale, une filière certes pas totalement non polluante, mais une filière qui fait d’immenses efforts depuis 30 ans pour le devenir et surtout une filière qui d’ores et déjà substitue des quantités très importantes de carbone fossile de la production énergétique mondiale par du carbone renouvelable. Plus de 156 millions de tonnes équivalent pétrole de combustible sont ainsi substituées rien qu’en Europe. Que que fait pendant ce temps en Europe le photovoltaïque si cher à Greenpeace : 1,6 millions de tonnes équivalent pétrole seulement3, 100 fois moins, il en manque un peu ! La première critique que l’on peu faire à ces gens, c’est d’assener des conduites à suivre sans être obligés de proposer et d’assumer des solutions pour remplacer ce qu’ils dénoncent.
L’autre critique pourrait concerner la crédibilité des arguments utilisés, auto-déclarés scientifiques, mais voyons juste trois petits exemples :
Et pour couronner ces arguments mal fondés, Greenpeace oublie de considérer que la biomasse est la filière renouvelable la plus sociale qui soit car la plus accessible aux populations, ce qui est très loin d’être le cas des énergies renouvelables de luxe, chouchoutées par les organisations écologistes, et qui de plus aujourd’hui n’apportent qu’une maigre réponse au problème climatique3.
Ce coup de gueule ne signifie pourtant pas que tout est rose dans les pratiques et les politiques de bioénergie. Outre la fait évoqué précédemment qu’il faille remplacer les technologies obsolètes, plusieurs points évoqués par Greenpeace sont recevables, et en particulier le fait que les filières dont le rendement de conversion vers l’énergie est faible, ne sont pas durables. Ces filières inefficaces amputent en effet du potentiel mondial, qui est une valeur finie, des quantités beaucoup trop importantes de ressource au regard de leur résultat, et cette ressource perdue est autant de CO2 fossile ou de nucléaire que l’on ne peut pas substituer. Les filières concernées sont clairement la production d’électricité sans cogénération, la carbonisation non maîtrisée, la combustion dans des conditions archaïques et jusqu’à aujourd’hui encore la production de biocarburants de seconde génération.
Frédéric Douard, rédacteur en chef
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Bonjour,
Bravo et merci pour votre juste intervention. M’autorisez-vous à la copier et la placer dans le forum de GF SERVICES? Evidemment en citant la source ….Cordialement. GRINDESEL
P.S. Il se trouve que j’ai fait moi aussi un papier sur ^le thême du réchauffement climatique et un sur l’étonnante et scientifiquement déloyale intervention de GREENPEACE au sujet des pratiques de chauffage au bois Canadienne sur le forum de http://www.gfservices.fr rubrique BOIS DE CHAUFFAGE.
100% d’accord avec vous !
cf mon post a ce sujet
http://blog.bois-de-chauffage.net/2011/11/tribune-sur-la-place-du-bois-energie.html